Fiesta en color
Avec l'association « espoir pour apprendre »
Soirée de soutien pour une école colombienne
Allez mademoiselle, il faut y aller. Elle s'apprête comme chacun de son côté. Elle finit par être prête assez vite. Elle s'est dit que quitte à être singulière autant rester naturelle'. Elle ne sait pas encore qu'elle va apprendre aujourd'hui.
Elle va, donc. Elle rencontre. C'est la fête. La fiesta en color. Elle est avec trois autres qui sont aussi émerveillés. Serait-ce donc le paradis ? Elle s'étonne. On ne l'avait pas prévenue.
Effectivement, des couleurs sur la scène. Cette scène qu'elle va devoir affronter s'inquiète'-t-elle dans son égoïsme occidentale. Elle stresse dans la cabine où elle se change. Elle stresse parce qu'elle ne sait pas quand est-ce qu'elle défile et aussi parce que son pauvre petit pied a une crampe. Elle arrive tout juste à mettre son pantalon à l'endroit et demande pour qu'on l'aide à mettre son haut. Même d'elle-même, elle ne sait pas s'occuper. Elle stresse aussi parce que la dame qui, selon elle, est indispensable pour ce défilé n'est pas là.
Ohmondieuohmondieuohmondieu ! Tout le monde la réclame. Tout le monde sait qu'il ne peut pas se débrouiller sans Elle. Fort heureusement, Mickie arrive ! Mais dans quel état ! Elle s'agite dans tous les sens. On pourrait penser qu'elle est au bord de la crise de nerf. Mais non. Elle assure. D'une façon généreuse. Elle pense à tout le monde et à chaque détail. Elle pense toujours à elle quand même parce qu'il faut qu'elle se change aussi. Et plusieurs fois s'il vous plait. Elle a passé des nuits a confectionné des ensembles pour chacun alors qu'on lui laisse un peu monter sur scène ce soir. Elle défile. Celle qui l' observe aussi, les jambes tremblantes. En attendant de devoir remonter sur scène pour le salut, elle sourit. Elle sourit en voyant cet être qui monte sur la scène et danse tout en défilant et redescend en s'agitant à nouveau dans tous les sens comme si sa vie en dépendait. Mais non. C'est juste parce qu'elle veut donner. Quand tout le monde est passé et que tout le monde a applaudi, elle veut parler de Lui. Elle est très émue. Elle fait son discours et elle se lance :
- Je voudrais aussi remercier celui qui m'a donné tout le talent que j'ai : mon bon dieu ! »
Son bon Dieu. Parce que que Dieu existe ou n'existe pas...
Celle qui observe comprend de plus en plus. Elle apprend aussi. Et elle espère pouvoir un jour imiter. Elle observe toujours. Tout le monde danse maintenant sur la scène. La fête est à son comble. Elle a faim. Elle mange, alors. Tout le monde s'amuse. Puis, Louise va avec sa mère soi-disant aux toilettes. Mais c'est un autre paradis qu'elle y découvre. Mickie prépare les quarante mômes qui vont danser de la danse orientale. Et Louise hallucine. Mickie pense encore au moindre détail. Tiens, Gertrude, mets ce turban sur ta tête lui crie-t-elle d'un bout à l'autre de la pièce. Mickie fait la grimace en les voyant arriver. Sa mère lui dit en plaisantant :
- Elle me fait toujours une grimace dès qu'elle me voit depuis ce soir.
- Pourquoi ?
- Parce que c'est fatiguant.
Elles s'assoient toutes les deux et elles apprennent. Elle demande « Mickie, ces habits-là, ils viennent de Colombie ? ». Mickie répond tout en s'afférant « Non, c'est moi qui les ai fait ! ».
Elles manquent de tomber de leurs chaises. Elle a tout fait et elle a pensé à tout.
« Eh, Mickie quand tu vas tomber dans ton lit ce soir, tu vas dormir jusqu'à lundi ! ». Non pas dormir... pas encore...pourquoi il ne veut pas tenir ce fichu ruban ??? ...
Elle demande qu'on la laisse seule pour s'apprêter.
Alors quand Louise voit Mickie tourner dans ses belles ailes blanches, c'est à ce moment-là qu'elle comprend vraiment. Que Dieu existe ou n'existe pas, c'est inéluctable...
Quand la fête touche à sa fin, Mickie leur dit Merci et leur dit qu'elle va faire des stages et qu'elle va les appeler « Etre moi. Je suis là. ».
Elle comprend... ce soir là, elle a pu voir toute la grâce d'un ange.